SYMPOSIUM SUR “LA PRÉSENCE DE LA VIERGE MARIE DANS LA VIE DE L’ÉGLISE” – ÉPHÈSE, 3 OCTOBRE 2025

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Une journée de prière, de réflexion et de fraternité au sanctuaire de la Maison de la Vierge Marie

Le 3 octobre 2025, environ soixante participants se sont réunis au sanctuaire de la Maison de la Vierge Marie à Éphèse pour participer au symposium intitulé « La présence de la Vierge Marie dans la vie de l’Église », organisé par l’archidiocèse d’Izmir sous la présidence de Mgr Martin Kmetec, OFM Conv., archevêque métropolitain d’Izmir.

Ce symposium, inspiré par les Évangiles et la tradition des Pères de l’Église syriaque, avait pour objectif de redonner à Marie sa place évangélique et ecclésiale, non seulement dans la mémoire de l’Église, mais aussi dans la vie chrétienne d’aujourd’hui. Dans un climat de prière et de recueillement, la journée a offert un espace de dialogue et de méditation autour du rôle spirituel de la Vierge dans la foi contemporaine.

Dans son allocution d’ouverture, Mgr Martin Kmetec a exprimé sa joie et sa gratitude d’accueillir les participants autour d’un thème « d’une grande richesse spirituelle et théologique ». Il a souligné l’importance de cette rencontre comme temps de découverte, de dialogue et d’approfondissement du rôle unique de Marie dans la vie de l’Église et dans la vie personnelle de chaque croyant.
Mgr Kmetec a tenu à remercier chaleureusement :

  •  Mgr Arjan Dodaj, archevêque de Tirana- Durrës, invité d’honneur du symposium et de la fête de la Theotokos ;
  •  Bill et Chas Quatman, bienfaiteurs du sanctuaire et de la Basilique du Concile ;
  •  Les conférenciers — P. Germano Scaglioni, P. Andrew Hoschstetler et P. Pascal Robert Keneth — pour leur contribution à ce symposium ;
  •  Les Communautés des Sœurs Disciples de Marie et de l’Apôtre Jean et des Pères
    Capucins pour leur accueil et leur implication dans cette journée ;
  • Ainsi que Mariagrazia Zambon, modératrice, et Elif Esin, traductrice, pour leur
    contribution essentielle.

L’archevêque a conclu en invitant chacun à vivre cette journée comme un moment de
grâce, à la lumière de Marie, modèle de foi et d’obéissance. La journée a commencé sous des pluies diluviennes, retardant l’ouverture du symposium d’environ une heure.

Malgré cela, l’atmosphère est restée priante et fraternelle. Le programme a été légèrement
adapté : le chapelet, prévu en fin de journée, a été récité avant le repas de midi et la célébration eucharistique a eu lieu en fin de journée, afin de préserver l’équilibre du programme.

Première conférence : La Mère de Jésus dans l’Évangile de Jean

Dans sa conférence d’ouverture, le P. Germano Scaglioni, OFM Conv., a offert une méditation d’une grande profondeur biblique et théologique sur la figure de Marie dans l’Évangile de Jean. Il a montré que, bien que la Mère de Jésus soit mentionnée seulement à Cana et au Calvaire, « la sobriété du texte johannique cache une densité exceptionnelle » : ces deux passages « marquent le commencement et l’accomplissement de l’œuvre de Jésus, entre lesquels s’étend toute l’histoire du salut ».
Le P. Scaglioni a expliqué que, à Cana, Marie apparaît non seulement comme mère, mais déjà comme disciple et médiatrice : «Par sa parole — “Faites tout ce qu’il vous dira” — elle introduit les serviteurs dans l’obéissance de la foi et inaugure, en quelque sorte, la communauté des croyants.»
Sur le Calvaire, cette mission atteint son sommet : « Lorsque Jésus dit à sa mère : “Femme, voici ton fils”, et au disciple : “Voici ta mère”, il ouvre une nouvelle relation spirituelle : Marie devient la mère de tous les croyants, la figure vivante de l’Église, nouvelle Ève au pied de la Croix. »
Le conférencier a souligné que, pour Jean, «Marie incarne la communauté de la Nouvelle Alliance» — celle qui accueille la Parole et engendre à la vie divine. En conclusion, il a rappelé que : « Marie, la Mère de Jésus, est aussi la Mère des disciples : en elle se réalise pleinement la vocation de l’Église, épouse et mère. »

 

Deuxième conférence : La Vierge Marie dans la tradition syriaque

Dans sa conférence, le P. Andrew Hoschstetler a exploré la riche perspective des Pères de l’Église syriaque sur la Vierge Marie, en se concentrant sur son rôle lors de l’Annonciation. La tradition syriaque, exprimée à travers des hymnes et poèmes catéchétiques, met en lumière la Mère de Dieu comme modèle de discernement et de liberté. Le P. Hoschstetler a détaillé la comparaison établie par saint Éphrem et Jacob de Saroug entre Marie et Ève. Contrairement à Ève, Marie est célébrée pour sa « sainte interpellation » à l’ange Gabriel : un questionnement empreint de sagesse et d’amour. Jacob de Saroug
la décrit comme une « débatteuse astucieuse », dont le discernement naît de l’amour de la vérité. Enfin, le conférencier a établi un parallèle entre l’Annonciation et l’Eucharistie : la parole de l’ange — « La puissance du Très-Haut t’ombragera » — évoque la même action de l’Esprit Saint qui transforme le pain et le vin. Ainsi, la disponibilité de Marie devient modèle de la foi eucharistique.

Troisième conférence : Marie, une femme de foi, d’espoir et de courage

Le P. Pascal Robert Keneth a clos ce symposium en présentant Marie comme figure de foi, d’espérance et de courage pour la vie chrétienne contemporaine.Il a souligné l’héroïsme de Marie à travers sa foi inébranlable, son courage au pied de la Croix et son espérance persévérante dans la promesse de Dieu.
Le conférencier a invité chacun à imiter ces vertus mariales dans les « batailles spirituelles » du quotidien, voyant en elle un modèle d’obéissance et de fidélité pour l’Église d’aujourd’hui.

Mgr Kmetec a ensuite repris la parole pour clore le symposium, en reprenant des points de chaque conférence et en remerciant chaque intervenant de manière particulière par l’offrande d’une icône de la Vierge. Il a également remercié de la même manière l’invité d’honneur, Mgr Arjan Dodaj, la modératrice et l’organisatrice de l’événement.

La messe a ensuite été célébrée sur l’esplanade du sanctuaire, dans une atmosphère de recueillement et d’action de grâce, marquant le sommet spirituel de la journée.

 

 

Dans son homélie, Mgr Martin Kmetec a médité sur le sens du Jubilé et sur la figure de la Vierge Marie,
rappelant que ce temps de grâce est un appel à la libération, au pardon et au renouveau intérieur. En
cette année du 1700ᵉ anniversaire du Concile d’Éphèse, il a souligné que Dieu s’est fait homme
dans le sein de Marie, humble servante, modèle d’amour et d’humilité. Évoquant saint Maximilien
Kolbe, témoin du don total de soi, il a invité les fidèles à marcher, comme Marie, dans la foi, la
confiance et l’espérance, même au cœur de l’épreuve.

Les participants — religieux, laïcs, fidèles du diocèse d’Izmir — ont témoigné de la profondeur spirituelle et de la simplicité fraternelle qui ont marqué la rencontre. Grâce à la traduction simultanée en anglais et en turc, chacun a pu participer pleinement aux échanges et aux prières

Ce symposium marial, sous la présidence de Mgr Martin Kmetec, a offert aux participants une occasion précieuse de redécouvrir la figure de Marie non seulement comme Mère de l’Église et collaboratrice du plan salvifique de Dieu, mais aussi comme un modèle concret de foi pour la vie chrétienne.
Les échanges ont permis de souligner la richesse de la tradition, notamment syriaque, qui voit en Marie une figure de discernement sage face à l’incertitude. La Vierge enseigne aux croyants l’importance de questionner avec amour et non par contention, afin de donner naissance à la vérité dans leur propre vie. Enfin, Marie, femme de foi, d’espérance et de courage, exhorte chacun à l’obéissance, au service humble et à l’engagement total, faisant écho à sa propre réponse à l’ange : « Que ta parole s’accomplisse pour moi. »

 

Texte : Marie-Françoise Desrues
Photos : Soeur Maria Nives d’Ambrosio